Pour la défense des conquêtes de 1936 et 1945

15. novembre 2018 Arguments 0
Pour la défense des conquêtes de 1936 et 1945

Nous relayons l’appel du CNRR:

Deux mille cinq cents militants ouvriers, syndicalistes, militants politiques, élus… d’appartenances diverses se sont réunis à Paris le 10 novembre 2018 à l’appel du CNRR pour la défense des acquis de 1936 et de 1945.

Une colère sourde monte dans ce pays. C’est par exemple et à l’image de l’exaspération ressentie par des millions, ce retraité qui lance à Macron : « Vous ne sentez pas la colère qui monte en France ? » Cette colère, cette exaspération ont une origine : la politique de destruction menée par Emmanuel Macron au compte du capital financier.

Cette politique, la « transformation du pays » que Macron veut imposer, est une véritable contre-révolution, comme vient de le montrer la tentative d’hommage à Pétain.

Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire à la réforme des retraites, vient de déclarer : « Ce n’est pas une réforme des retraites, c’est un changement de société. » Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, enfonce le clou : « C’est la mère de toutes les réformes. »

Toutes les bases de la civilisation arrachées par la classe ouvrière, toutes les conquêtes sociales, qui dans ce pays se concentrent en particulier dans les acquis de 1936 et 1945, devraient être intégralement liquidées. L’ensemble des droits collectifs devrait laisser place à une individualisation totale, pour mettre en place une société d’individus « ubérisés », surexploités.

D’un côté, un gouvernement affaibli, en chute libre, de plus en plus isolé, mais qui veut coûte que coûte poursuivre sa politique destructrice, en s’appuyant sur les institutions antidémocratiques de la Ve République. De l’autre, une révolte qui monte, cherche à s’agréger. Dans ce contexte, personne n’est dupe : l’opération policière contre Mélenchon, contre La France insoumise, n’a pas d’autre objectif que de tenter d’enrayer ce mouvement, que d’intimider, terroriser les militants qui refusent de plier, de se soumettre.

Parce qu’il est affaibli, le gouvernement voudrait, pour faire passer ses contre-réformes, neutraliser les organisations syndicales, les associer à ses plans, les faire dévier de l’indépendance nécessaire contre Macron. Au contraire, pour des dizaines de milliers de militants ouvriers qui n’acceptent pas, préserver les organisations syndicales, sauvegarder leur indépendance, pour qu’elles jouent leur rôle, est un enjeu majeur, une question clé dans toute la situation.

La crise mondiale aiguisée par Trump, la marche à la dislocation de l’Union européenne, affolent tous les sommets. À l’approche des élections européennes, les principaux dirigeants de l’Union européenne et en premier lieu Macron cherchent à faire diversion : ils brandissent la menace des nationalismes, de l’extrême droite. Eux qui, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, se mettent d’accord avec Orban et Salvini dès qu’il s’agit de taper sur les « migrants » et les réfugiés. Ils osent dire : « c’est nous ou le chaos », ils osent accuser les peuples, eux qui dans la foulée des gouvernements précédents prennent partout les pires mesures contre les travailleurs, et entreprennent de liquider une à une toutes les conquêtes de la classe ouvrière.

Non, les peuples ne sont pas responsables du chaos : ce sont les politiques exigées par le capital financier, par ses institutions internationales comme l’Union européenne, par les gouvernements à leur service qui conduisent à la catastrophe. Les responsables, ce sont tous les dirigeants de gauche qui au même titre que ceux de droite n’ont cessé d’appliquer ces politiques et, pour cette raison, sont massivement rejetés.

L’immense majorité des travailleurs, l’immense majorité de la population ne veut pas du chaos. Elle veut préserver les bases de la civilisation, préserver les conquêtes sociales et les conquêtes démocratiques qui en sont inséparables.

Face à la contre-révolution, au basculement complet de société que le capital financier et Macron à son service voudraient imposer, la défense des acquis de 1936 et de 1945 constitue le point de départ d’un plan de sauvegarde de la classe ouvrière et de la civilisation.

Réunis à Paris à l’appel du CNRR, nous prenons l’engagement de multiplier dans les semaines qui vont suivre les réunions dans les départements, les localités, les quartiers, sur les lieux de travail, pour aider à rassembler toutes les forces qui résistent, pour constituer partout de nouveaux comités, renforcer, élargir les comités de résistance et de reconquête existants, appeler les militants ouvriers, les travailleurs, les jeunes à les rejoindre, réunir des milliers et des milliers pour couvrir tous les départements et villes de ce pays.

À travers ces réunions pour regrouper des milliers et des milliers, nous allons aider à organiser la résistance et ainsi établir les bases du plan de sauvegarde de la civilisation concentrées dans les conquêtes de 1936 et de 1945.

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