Gilets jaunes : l’étude qui devrait inquiéter Macron

30. novembre 2018 Arguments 0
Gilets jaunes : l’étude qui devrait inquiéter Macron

Le mouvement des gilets jaunes s’enracine dans le pays. Plus de huit français sur dix soutiennent cette action. Pour de très nombreux citoyens, l’espoir de se faire entendre et de peser sur notre destin commun prend de l’ampleur.

En face, Macron et le gouvernement tentent la provocation et cherchent à porter le discrédit, portés, eux, par la mission de casse que leur a confiée l’oligarchie financière. Peine perdue, à chaque intervention du président ou d’un ministre, les gilets jaunes marquent des points dans l’opinion publique.

Le mouvement, insolite, inattendu et hétéroclite tente de se structurer et de donner corps à la révolte. Certains porte-parole sont désignés et des revendications commencent à faire sens. Vendredi 29 novembre, un communiqué émanant des gilets jaunes consigne l’objectif revendicatif du mouvement. Une première énumération publiée par France Info est accessible ici.

De très nombreuses revendications des gilets jaunes sont portées, depuis des années, par les syndicats de salariés, soutenues par les organisations politiques de la gauche de transformation. Mais, le constat est là : partis et syndicats n’ont guère l’oreille des citoyens depuis de nombreuses années.

Aujourd’hui, comment faire du commun entre le mouvement des gilets jaunes, les syndicats et les forces politiques de transformation sociale. Dans le seul but de parvenir à une société juste et égalitaire. Un rendez-vous ici.

Pour comprendre l’essence du mouvement des gilets jaunes, plusieurs chercheurs du Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales, axe Médias et médiations socio-numériques de l’Université de Toulouse ont produit une étude riche sur la nature de ce mouvement. « Les gilets jaunes, une mobilisation née en ligne d’abord sous les traits d’une pétition forte de presque un million de signatures depuis son lancement par Priscillia Ludosky1 au mois de mai dernier. Viennent ensuite les groupes Facebook, puis les blocages des manifestants munis d’un équipement de protection individuelle (EPI)2 destiné à améliorer la visibilité d’une personne en situation dangereuse, colorant plus de 2 500 lieux de contestation en France le 17 novembre et les jours suivants. Ce mouvement inédit recouvre une complexité sociale inaperçue ou écrasée par les cadrages médiatiques ou par les commentaires partiels des observateurs. La dimension rhizomatique du mouvement, son inorganisation apparente, l’absence (ou la multiplicité) de portes parole, la convergence progressive des revendications, autant de postures, d’acteurs, d’arènes qui ont pour point commun l’effet de sidération et la rupture d’intelligibilité pour les commentateurs de la vie publique. Le résultat c’est une multitude de discours produits sur les gilets jaunes qui ne sont basées que sur des opinions non étayées empiriquement, des postures idéologiques ou des fantasmes. » disent les auteurs. Pour télécharger l’étude complète, c’est ici.


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