Dans le Morbihan aussi, les urgences au bord de l’implosion

Dans le Morbihan aussi, les urgences au bord de l’implosion

Parti des hôpitaux parisiens il y a quatre mois, le mouvement de grève dans les services d’urgence est en train de se généraliser à l’ensemble du pays. Début août, 213 services étaient en grève. Les personnels des urgences de l’hôpital de Vannes ont rejoint le mouvement le 4 juin dernier suivis par leurs collègues de l’hôpital de Redon le 25 juillet.

Les jours de forte affluence, les temps d’attente aux urgences de Vannes peuvent être compris entre cinq et douze heures. Jusqu’à 20 malades peuvent être amenés à patienter sur des brancards faute de lits disponibles pour les accueillir.  Ces faits ne sont pas isolés. Ils s’observent dans la quasi-totalité des hôpitaux de France.Ils sont la conséquence d’une réduction drastique du nombre de lits (57 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux en 11 ans tous services confondus) et de méthodes de management visant à gérer l’hôpital comme une entreprise privée.

Bercy fixe les objectifs financiers et les agences régionales de santé répartissent la pénurie avec les conséquences catastrophiques que l’on connait. Le système hospitalier français qui était le plus performant d’Europe est aujourd’hui en grande difficulté.

Perte de sens, souffrance au travail, burn-out, agressions à l’encontre des personnels, tout indique que l’hôpital public est, en de nombreux endroits, au bord de l’implosion.

Devant l’ampleur du mouvement et face au soutien qui lui est témoigné par les Français, la ministre de la santé Dominique Buzin a consenti à débloquer 70 millions d’euros en faveur des services d’urgence se répartissant entre 55 millions d’euros de prime de sécurité (soit 100 euros par mois par agent) et 15 millions d’euros pour des recrutements d’urgence. Cet effort financier est dérisoire. Il ne permettra pas, sauf à la marge de créer le nombre de postes dont les services d’urgence ont besoin. Par ailleurs ce financement risque de se faire, à budget constant, au détriment d’autres secteurs de l’hôpital.

La remise à niveau de l’hôpital public passe par des créations significatives de postes, un arrêt immédiat des fermetures de lits notamment dans les services d’urgence et une revalorisation réelle des salaires indignes des personnels soignants (infirmières, infirmiers, brancardiers….). Cela veut dire une majoration importante et pérenne du financement des établissements hospitaliers à inscrire dans la loi de financement de la sécurité sociale.

La rentrée de septembre sera décisive. Causes communes 56 s’associera aux initiatives qui seront organisées en Morbihan et ailleurs pour soutenir la lutte des personnels et les relaiera sur son site. Deux rendez vous important sont d’ores et déjà programmés :

  • Le collectif national inter-urgence, qui s’est structuré dans la lutte et a pris une part essentielle dans l’organisation du mouvement se réunira la 10 septembre pour faire le bilan de la mobilisation et les suites à lui donner.
  • Par ailleurs une journée nationale d’action sera organisée à l’initiative de la CGT le 11 septembre pour la défense des établissements de santé et d’action sociale.

Causes communes 56 forme le vœu que celles et ceux qui sont attachés à la sauvegarde de l’hôpital, puissent, nationalement et localement, se rassembler en septembre. Dans le Morbihan, nous sommes prêts à contribuer au succès  d’une telle initiative.


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