Coronavirus : pendant… et après, par Roger Martelli

Coronavirus : pendant… et après, par Roger Martelli

Les sondeurs ne sont que des faiseurs d’opinion, disent souvent les sociologues. Les sondages n’en sont pas moins des indicateurs utiles, si on les manie avec prudence. La pandémie actuelle a multiplié les études. Que nous disent-elles ?

Ces études nous redisent d’abord l’évidence : les Français sont inquiets. Ils le sont massivement pour eux-mêmes et pour leurs proches ; ils le sont tout autant pour la santé économique du pays. Si à peine un peu plus de la moitié des interrogés (OpinionWay, 3 avril) pensent que leur situation personnelle va se dégrader, 9 sur 10 estiment que ce sera le cas pour l’économie française dans son ensemble. L’inquiétude n’est pas qu’à court terme : pour BVA (3 avril), les deux tiers des sondés pensent que les effets de la crise se prolongeront au-delà de 2020.

S’il y a quasi-consensus sur l’inquiétude, le dissensus réapparaît sur les autres points. L’union sacrée de temps de guerre ne fonctionne pas. Pour OpinionWay, la confiance dans l’exécutif pour limiter les effets de l’épidémie est passée de 53% le 23 mars à 44% le 3 avril. La Sofres de son côté mesure un équilibre parfait de la confiance et de la défiance (47%). Mais depuis la fin mars, l’exécutif semble avoir quelque peu redressé la barre. Pour la Sofres, le redressement est même spectaculaire : la confiance serait passée de 28% en mars (avant le confinement) à 47% en avril.

Inutile donc de chercher des indications univoques. Les trois quarts des sondés (Elabe, 24 mars) pensent que la France n’est pas prête à faire face à l’épidémie, ils sont autant à estimer que le gouvernement a trop tardé et la moitié pense que le dossier dans son ensemble est mal géré par l’État. De son côté, l’Ifop (3 avril) relève que près des trois quarts des personnes interrogées sont persuadées que le gouvernement a volontairement « caché certaines informations ». Mais paradoxalement, la cote de confiance globale de l’exécutif est mesurée à la hausse par plusieurs instituts, que ce soit face à la crise sanitaire (+12% de satisfaits pour Odoxa, 1er avril) ou de façon plus générale (+10% pour Elabe, 2 avril). En fait, la défiance pèse, mais elle n’est pas réservée au seul exécutif….

La suite sur le site de Regards.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.