Les idées en vigueur …

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      Destom Bottin catherine
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      Je découvre sans doute après tout le monde, que Naomi Klein dans son ouvrage La Stratégie du Choc citait Milton Friedman, conseiller de Reagan, chantre du libéralisme.
      En 1984, dans son livre La Tyrannie du Statu Quo, Friedman écrivait : « Seule une crise – réelle ou supposée – peut produire des changements. Lorsqu’elle se produit, les mesures à prendre dépendent des idées alors en vigueur ».
      Ne riez pas, je trouve ici une réponse à la question que je me pose depuis ma première distribution de tracts, c’était il y a… Je m’interrogeais : « faut-il faire de la théorie et expliquer la politique ou faut-il développer les luttes ? ». J’ai appris avec les gilets jaunes, avec les infirmières en grève, avec les pompiers en grève, que les luttes savent se développer elles-mêmes… je vérifie ces jours-ci avec la montée au créneau de Bruno le Maire et ses propositions d’étatisation que les idées ne sont pas comme le gaz pour qu’elles soient dans le débat il faut les y déposer. Et c’est ainsi que pour la première fois de ma vie je trouve que Milton Friedman a raison. Deux exemples des effets des idées installées ou non dans le débat politique. Ces deux exemples se déroulent à huit jours d’intervalle au supermarché dans lequel j’achète tout ce que mon marché de producteurs ne peut pas me proposer.
      Premier scénario : la musique du supermarché s’arrête et une voix grave spéciale vente de Rover à ceux qui n’en auront jamais m’invite de façon pressante : « le président Macron nous recommande d’observer scrupuleusement les mesures de confinement… etc. etc. » mon sang ne fait qu’un tour, je pique une rougne et je me rends à l’accueil du magasin réclamant que l’annonce du supermarché soit modifiée, cette propagande est insupportable… et là, auprès des deux hôtesses et de quatre à cinq clients présents je me ramasse le râteau du siècle. Tout le monde se ligue contre moi m’enjoignant de cesser dans l’instant de faire de la politique au moment où « tout le monde doit être uni contre le virus ce n’est pas le moment de faire de la politique et de se diviser. »
      Aucun de mes arguments n’entame les convictions des hôtesses et des clients dont acte, je bats en retraite.
      Huit jours plus tard, nouvelle occasion d’entamer le débat politique au supermarché. Cette fois-ci c’est à la caisse. Probablement, ainsi que l’injonction lui en est faite, la jeune femme à peine me tend-elle le ticket de caisse qu’elle m’interroge : « avez-vous la carte de fidélité du magasin ? » Là, je jubile intérieurement parce que j’ai une réponse toute faite : « non Madame je réserve la fidélité à mes amours quant aux banquiers et aux marchands voilà ce que je leur réserve ». Et je forme un doigt d’honneur très explicite. Qu’on ne m’en veuille pas il y a des lieux et des moments où il faut faire vite… Seulement voilà la jeune femme de la caisse m’approuve d’un sourire, certes tout juste dessiné. J’y vois une invitation à poursuivre. J’explique qu’elle soit au travail en cette matinée de coronavirus indique à quel point sa profession est considérée comme indispensable. Et donc à quel point le salaire insuffisant qui est le sien est injuste. C’est pourquoi je lui fais la promesse que dès « le jour d’après » si elle et ses collègues sont en grève pour conserver élargir leurs droits et augmenter leurs salaires je le soutiendrai de toutes mes forces. Et cette fois ce sont les cinq ou six personnes qui faisaient la queue derrière moi qui sourient, qui font des petits bougés de tête approbateurs envers moi.
      La gloire me direz-vous ? Plus fort encore, le bonheur de donner raison à Milton Friedman, ennemi de classe s’il en est : « Lorsqu’elle se produit (la crise), les mesures à prendre dépendent des idées alors en vigueur. ».

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